Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 29 mars 2004
Élections

Le Front National a perdu la moitié de ses 275 élus régionaux

Le Front National a enregistré dimanche un résultat électoral qui lui fait perdre la moitié des 275 élus qu'il avait obtenu au précédent scrutin régional en raison de la stagnation inattendue de son score et du nouveau mode de scrutin régional. A 00H30 lundi matin, avec des résultats presque complets, le FN n'était crédité que de 123 élus. Le FN avait jusque-là enregistré une courbe sans cesse ascendante aux régionales avec 9,5% des suffrages en 1986 puis 13,6% en 1992 et 15,3% en 1998. Au premier tour de ce scrutin, le 21 mars, l'extrême-droite qui se présentait divisée pour la première fois, avait enregistré 16,14%, dont 14,70% pour le FN, soit une légère progression. Pour le second tour, le FN, exclu d'emblée de 5 conseils régionaux faute d'avoir atteint le seuil de 10% des exprimés (Auvergne, Corse, Bretagne, Limousin, Pays-de-la-Loire), a enregistré un score national de 12,56% (estimation), et si on ne prend en compte que les 17 régions où il se présentait, il retrouve en pourcentage son score de 1998 avec 15,8% (estimation). Interrogé par France 2 dimanche sur la fidélité des électeurs de son parti lors des triangulaires, Jean-Marie Le Pen a estimé "qu'il était bien normal que ces électeurs, au moins ceux d'entre eux qui sont intelligents, restassent fidèles au Front national, parce qu'ils auront besoin de leurs élus pour les défendre". Le FN stagne ou recule légèrement dans la plupart des régions. En Provence-Alpes-Côte d'Azur avec 21,01%, en baisse par rapport au premier tour (22,95%). Parmi ses plus faibles scores, figurent Poitou-Charentes (8,70%) ou l'Ile-de-France, où Marine Le Pen recueille moins de 10% (contre 12,26% au premier tour des régionales et 16,4% en 1998). A noter en revanche l'Alsace, meilleur score national, où il passe de 18,58% à 22% et le Nord-Pas-de-Calais où le secrétaire général du FN Carl Lang, qui était arrivé en deuxième position au premier tour avec 17,94%, monte à 19,73%, selon les estimations. Aux cantonales, le FN n'a plus que 4,90% contre 12,22% au 1er tour et, selon les premières estimations, un seul élu. Mais trois conseillers généraux ont été élus sous d'autres étiquettes d'extrême-droite. Si la diminution du nombre d'élus FN s'explique en partie par le nouveau mode de scrutin qui fixe un seuil pour participer au second tour et attribue une prime de 25% de sièges aux listes arrivées en tête au second tour, sa relative stagnation en pourcentage par rapport au précédent scrutin est plus inattendue. Pami les possibles explications, la progression de la participation a sans doute plus profité à la gauche qu'aux autres formations. En outre les seconds tours sont souvent défavorables au FN, car une partie de ses électeurs ou bien "votent utile", vers la gauche ou la droite, ou bien s'abstiennent, faute d'espoir de remporter la tête du scrutin. L'exclusion inattendue de M. Le Pen du scrutin de Provence-Alpes-Côte-d'Azur faute d'une domiciliation valide peut, elle aussi, avoir contribué à démobiliser ses électeurs. Les scores régionaux du FN Alsace: 22% Provence-Alpes-Côte d'Azur : 21,01% Nord-Pas-de-Calais : 19,73% Picardie : 18,66% Champagne-Ardenne : 18,28% Lorraine : 17,29% Franche-Comté : 17,14% Centre : 16,46% Languedoc-Roussillon : 15,72% Bourgogne : 15,37% Rhône-Alpes : 15,28% Haute-Normandie : 14,59% Basse-Normandie : 13,78% Midi-Pyrénées : 12,73% Aquitaine : 11,69% Ile-de-France : 10,11% Poitou-Charentes : 8,70%</script

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